Jésus-Christ interpelle encore Laodicée

Chapitre 9

Comment une Église de millions de membres peut-elle se repentir ?

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Son mécanisme complexe gêne-t-il l'œuvre du Saint-Esprit ? Le corps doit-il spirituellement se disjoindre, être privé de coordination comme un quadriplégique dont les spasmes et les saccades sont incontrôlables par la tête ? La Bible répond.

La qualité essentielle de la repentance reste la même dans tous les temps et les circonstances. Les personnes et non les organismes se repentent. Mais la repentance demandée à Laodicée est unique concernant les circonstances, la profondeur et l'étendue. L'Église n'est pas une machine, et son organisation une force impersonnelle. L'Église est un corps, et son organisation est son moyen vital de fonctionnement. Les individus composant ce corps peuvent se repentir en tant que corps.

On a vu metanoia (repentance) implique littéralement percevoir par une « réflexion après coup ». Cela ne peut être complet avant la fin du temps de grâce, donc avant que l'on discerne la culpabilité historique. Tant que le lendemain pourra apporter plus de réflexion sur la signification de notre mentalité aujourd'hui ou tant que les péchés d'un autre pourront encore nous révéler notre propre culpabilité plus profonde, notre repentance devra demeurer incomplète.

Mais elle grandira, car « à chaque pas en avant dans l'expérience chrétienne notre repentance s'approfondira ». Le Souverain Sacrificateur qui est en train de purifier le sanctuaire céleste n'a pas renoncé à son œuvre. Son peuple peut ne pas réussir à apprendre sa leçon, mais la patience de Christ ne faillira pas. Il le ramènera sur le même terrain pour l'éprouver à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il comprenne.

Un avenir brillant pour l'œuvre de Dieu

Une magnifique expérience figure au programme des prochains évènements : elle est unique dans l'histoire. Zacharie, le prophète fondé sur Christ, et qui annonce des évènements des derniers jours, nous dit qu'il se produira pour l'Église des derniers jours et pour ses dirigeants une réponse au calvaire, venant du cœur, qui transformera complètement l'Église. Zacharie dit des évènements de la fin :

« Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplications; et ils me considéreront, celui qu'ils ont percé, et ils pleureront sur lui, comme on pleure sur un fils unique... En ce jour-là une source sera ouverte pour la maison de David et les habitants de Jérusalem pour le péché et l'impureté. » (Zacharie 12:10; 13:1)

Qui sont « les habitants de Jérusalem » ? Jérusalem est une « cité » des descendants d'Abraham, le corps organisé du peuple de Dieu. Au temps de Zacharie, Jérusalem désignait un groupe distinct de personnes appelées à représenter le vrai Dieu devant les nations. Elle était un corps communautaire d'adorateurs dénommés et déclarés.

L'esprit de grâce et de supplications ne doit pas se déverser sur des descendants dispersés d'Abraham, mais sur les habitants de la « cité », corps visible du peuple dénommé de Dieu, sur terre. Il est sous-entendu qu'aucun descendant d'Abraham choisissant de demeurer hors de Jérusalem ne peut en faire partie. Les Juifs qui choisirent de rester dans les nations où ils furent dispersés, refusant de rentrer dans la Palestine ancestrale, furent en fait perdus pour l'histoire.

Qui est la « maison de David » ? C'était jadis le gouvernement du peuple de Dieu. Zacharie se réfère aux dirigeants de l'Église des derniers jours, ou « l'ange de l'église » ou « le roi et ses nobles », selon les mots de Jonas. Ils sont « les hommes de Juda » que Daniel distingue des « habitants de Jérusalem » ! (Daniel 9:7) « La maison de David » comprend tous les niveaux des dirigeants de l'Église organisée.

Semble-t-il impossible qu'un esprit de contrition se déverse sur des dirigeants bloqués par la complexité de l'organisation ? Plus l'Église est engagée dans ses multiples entités, plus grand est le danger qu'elle étouffe collectivement et massivement les incitations simples et directes du Saint-Esprit. Tout individu qui reçoit une vision est tenté de penser que ses bras sont liés — que peut-il faire ? Le grand monolithe de l'organisation infiltré par le formalisme et la tiédeur, semble avancer seulement à la vitesse de l'escargot. Sans cet « esprit de grâce et de supplications », plus on approche de la fin des temps et plus l'Église grandit, plus ses mouvements sont complexes et encombrés, plus la perspective de la repentance apparaît comme lointaine.

Mais ne négligeons pas ce que dit la Bible. Nous avons besoin de nous rappeler que longtemps avant que nous créions nos systèmes compliqués d'organisation de l'Église, le Seigneur créa des systèmes d'organisation infiniment plus complexes et pourtant « l'esprit œuvrait dans les roues » (Ézéchiel 1:20). Notre problème n'est pas la complexité de l'organisation, mais l'amour collectif du moi, et le message de la croix peut le résoudre !

Pourquoi a-t-on besoin de l'organisation ?

Le monde a besoin d'une « Jérusalem » qui soit « témoin pour toutes les nations ». Sans elle, la tâche ne peut pas s'accomplir. L'histoire de l'échec de l'ancienne Jérusalem prouve que sans « l'esprit de grâce et de supplications », l'organisation de la dénomination devient inévitablement orgueilleuse et présente sous un faux jour sa mission divine. Zacharie dit qu'une vision correcte du Calvaire communique la contrition (« Ils me considèreront moi qu'ils (non pas les Juifs et les Romains d'un millénaire passé) ont persé »). La vision de la croix procurera la solution ultime du problème du péché et de l'impureté de l'homme.

Qu'est-ce que « l'impureté » ? C'est cette couche profonde de la motivation égoïste inconsciente qui est à la base de tout péché, qui doit être purifiée au Jour des Expiation, ce qui n'a jamais été accompli par aucune génération précédente. La peur de l'enfer, avec le revers de la médaille, l'espoir d'une récompense éternelle, cèderont le pas comme motivation à la contrainte pure de l'amour de Christ. L'amour collectif du moi sera « crucifié avec Christ ».

Qu'est-ce que « l'esprit de grâce et de supplications ? Deux éléments distincts constituent cette expérience phénoménale : « l'esprit de grâce », le fait d'apprécier la croix, une vision du caractère d'amour de Dieu qui détruit et annihile complètement la suffisance et l'orgueil humains, et « l'esprit de supplications », les prières s'élevant de cœurs contrits et attendris. La différence de qualité est essentielle, entre ces supplications » et les prières formalistes et ordinaires, et cette différence est très grande. Les gens découvriront tout de suite l'authenticité de ces « supplications » car elles viendront de cœurs humiliés par la repentance de toute la communauté. Quand la prière vient d'un tel cœur, dit David, alors nous « apprendrons aux pécheurs les voies et ils se convertiront à toi » (Psaumes 51:13). L'esprit répandu dans toutes les assemblées d'églises se reconnaîtra. Formant un contexte étroit à la prophétie de Zacharie (Chapitre 10), on a une autre prophétie montrant ce que sont les résultats d'une telle repentance de la dénomination :

Des gens du monde entier viendront en pèlerinage et afflueront dans Jérusalem, venant de nombreuses cités étrangères pour assister à ces célébrations. Les gens écriront à leurs amis dans d'autres cités (dénominations) et diront : « Allons à Jérusalem pour demander au Seigneur de nous bénir, et d'être miséricordieux à notre égard. J'y vais ! S'il vous plaît, venez avec moi. Allons-y maintenant ! » (Zacharie 8:20, 21)

La croix et la repentance de toute l'Église

Que peut faire n'importe qui pour hâter ce jour ? Devons-nous descendre dans notre tombe et laisser faire cela à quelque génération future ?

Si nous refusons la repentance que Christ nous demande la réponse à cette deuxième question doit être OUI. Si nous nous en tenons à l'orgueil et à la dignité des « affaires comme d'habitude », la réponse doit être Oui. Si nous permettons aux anciens plans négatifs de la dénomination de continuer, la réponse doit être Oui.

La réponse à la question : « Comment faire ? » est le message de la croix. « Ils tourneront les yeux vers moi qu'ils ont percé » dit le Seigneur. C'est là qu'est centrée la pleine reconnaissance de la culpabilité de toute la communauté et « l'esprit » accordé peut seulement accompagner une repentance totale et franche du corps de l'Église. Tout péché humain est basé sur le meurtre du Fils de Dieu. Tant que l'on ne le voit pas, « l'esprit de grâce et de supplication » n'est pas accueilli dans le cœur orgueilleux et reste irrecevable. Alors, nous restons enfantins, tragiquement satisfaits de nous pavaner sur la scène de l'univers, ignorant notre véritable état. Une connaissance de la vérité totale créée la douleur d'avoir péché et non une peur centrée sur le moi, de la punition, mais une sympathie fondée sur Christ pour lui dans ses souffrances, et un intérêt du cœur pleinement senti pour la justification de Christ.

Le déplacement du centre d'intérêt du moi à Christ sera un miracle. Il ne s'est jamais pleinement réalisé depuis les temps apostoliques. « Ils pleureront sur lui, comme on pleure sur son fils unique, et ils seront dans l'amertume à cause de lui, comme on est dans l'amertume à cause de son premier né. » (Zacharie 12:10) Déplacer le centre de notre intérêt de l'angoisse relative à notre propre salut à l'intérêt concernant Christ — seul le Saint-Esprit peut le faire. Notre souci naturel pour notre sécurité personnelle a souvent imprégné notre expérience religieuse, nos chants, nos prières, notre message. S'il n'y avait pas la puissance du Saint-Esprit pour accomplir le miracle d'un changement, nous pourrions penser qu'il faudrait des décennies, peut-être même des siècles, pour amener un tel changement dans la nature humaine. Mais une « œuvre rapide » est possible, et elle a été promise.

La dernière Église est composée d'individus comme tous les autres au cours de l'histoire, nés avec un esprit dépravé, avec le cœur naturel irrégénéré du pécheur. Mais la révélation de la vérité réalisera pour eux une transformation de l'esprit. Plus totalement ils reçoivent l'esprit de Christ, et plus intense devient leur sentiment de contrition. La perception après coup de l'esprit « illuminé » considère le péché sans illusion. Laodicée a enfin les yeux ouverts.

Néanmoins, cette repentance est l'opposé du désespoir ou de la morosité. Quand nous pouvons voir notre état de péché grâce à la repentance de la « perception éclairée après coup », nous pouvons vraiment apprécier la « bonne nouvelle ». Ceux qui craignent la repentance, de peur qu'elle entraîne la morosité ou la tristesse, ne comprennent pas l'esprit de Christ, et ferment leur cœur à la puissance guérissante du Saint-Esprit. Le rire du monde est superficiel et se change vite en désespoir dans l'épreuve. « Non comme celle que le monde donne » est la joie que donne Christ, en accord avec le fait qu'il est un homme de douleur et qu'il connaît la souffrance. Quand l'Église du reste agira dans la tragique désintégration de la vie qui caractérisera les derniers jours, cette joie profonde et infaillible du Seigneur proviendra d'une contrition réaliste.

La repentance pour l'individu est une pensée après coup qui est pénétrante, un changement de mentalité qui transforme le caractère personnel à la lumière du calvaire. Ce qui précédemment n'était pas compris dans la vie devient clair. L'égoïsme profondément enraciné de l'âme, la corruption des motivations, sont perçus à la lumière qui émane de la croix.

La repentance pour le corps de l'Église est la même pensée après coup qui devient perspicace, mais elle perçoit l'histoire de la dénomination avec la perspective du Calvaire. Ce qui précédemment n'était pas réalisé dans l'histoire se fait jour. Des changements et des faits nouveaux qui étaient mystérieux jadis apparaissent avec leur signification plus vaste et plus vraie. La Pentecôte décrit pour toujours cette réalité glorieuse de la repentance.

La raison du succès des apôtres

Le secret du succès de l'Église primitive tenait à la compréhension de ce fait : « vous avez crucifié Christ » et la vraie repentance s'en suivit. Christ crucifié devint l'appel central de tout le ministère des apôtres. Le livre des Actes n'aurait jamais été écrit si les membres de l'Église primitive n'avaient pas compris leur participation à la culpabilité dans le meurtre du Fils de Dieu, et de même s'ils n'avaient pas participé à l'expérience joyeuse de la repentance opportune.

À partir d'Actes 10, on lit comment d'autres que les Juifs partagèrent la même expérience. Les apôtres s'émerveillèrent de ce que les païens manifestèrent la même réaction phénoménale en face de la croix que les Juifs croyants et qu'ainsi ils reçurent le don du Saint-Esprit (Actes 10:44-47).

Le Saint-Esprit fit pénétrer leurs paroles dans les cœurs, mieux qu'ils ne s'y attendaient. Les païens, repentis, s'identifièrent aux Juifs et reconnurent leur part de culpabilité. Autrement dit, les païens firent l'expérience d'une repentance générale solidaire.

Rien dans la Bible n'indique que la pleine réception du Saint-Esprit dans les derniers jours sera différente en quoi que ce soit.

Auriez-vous mieux fait ?

Imaginons que nous ayons été dans la foule rassemblée devant Pilate, ce vendredi matin. L'étrange Prisonnier est enchaîné. Il est populaire de s'unir pour le condamner. Pas une voix ne s'élève pour le défendre.

Supposons que nous soyons en relation avec le gouvernement de Pilate ou employés de Caïphe, le grand prêtre. Nous faisons vivre notre famille avec notre salaire. Aurions-nous le courage de nous lever seul et de dire : « Nous faisons ici une faute terrible ! Cet homme n'est pas coupable de ce dont on l'accuse. Il est ce qu'il déclare être. Il est le divin Fils de Dieu ! J'en appelle à vous, Pilate et Caïphe, acceptez cet homme comme le Messie ! »

Supposons que notre propre cercle étroit d'amis se soit déjà rallié à la moquerie et l'insulte envers Jésus, aurions-nous seul le courage de l'affronter, de lui reprocher ce qu'il fait ?

Sachant que défendre Jésus ainsi pourrait nous mener à la croix aussi, oserions-nous parler haut ? Sûrement la réponse est évidente.

Nous n'osons pas dire que l'Église en tant que corps mondial ne peut pas connaître cette repentance, de peur que quand nous contemplons la croix merveilleuse sur laquelle le Prince de Gloire mourut, nous ne versions le mépris sur son sacrifice d'amour en supposant qu'il a été vain.